SAINTES PERPETUE ET FELICITE ET LEURS COMPAGNONS MARTYRS

Nous ne pouvons pas hésiter à dire que Perpétue et Félicité et leurs compagnons martyrs étaient de chrétiens d’une résistance spirituelle vraiment incroyable. Un exemple d’héroïsme pour chacun de nous. La force d’âme qu’ils possédaient était comparable à celle de n’importe quel grand saint notoire dans l’histoire de l’Église catholique. Il s’agit des âmes dont les convictions et l’identité chrétiennes passent avant n’importe quoi. Il s’agit d’une véritable cohérence de vie chrétienne jusqu’au bout. Perpétue et Félicité, en particulier, ne fléchissent ni devant les sentiments naturels, ni devant l’amour qu’elles ont pour leurs bébés, encore moins devant les menaces de supplices épouvantables qui les attendent. Dans la prison, ce sont elles qui servaient d’exemple pour les autres et qui les encourageaient à être fermes dans leur foi chrétienne, car la cause de leur condamnation, il n’y en a pas de plus noble.

Mais ce qui est le plus étonnant, ce qui avivait l’âme de ces jeunes femmes, c’était la richesse de leur vie spirituelle et leur profonde relation avec Dieu. Dans la prison où elles furent détenues, elles expérimentaient très fréquemment la présence de Dieu et le souffle de l’Esprit Saint. En maintes occasions, ces âmes ont été transportées par l’extase et enveloppées par des visions à grandes images où l’angoisse du destin qui les attendait, pouvait s’unir à l’espoir indestructible du tout proche Paradis et du salut éternel. En confirmant cette vérité saint Jean Chrysostome écrivait : 

« J’aime à lire les Actes des Martyrs ; mais j’avoue mon attrait particulier pour ceux qui retracent les combats qu’ont soutenus les femmes chrétiennes. Plus faible est l’athlète, plus glorieuse est la victoire ; car c’est alors que l’ennemi voit venir sa défaite du côté même où jusqu’alors il triomphait. Ce fut par la femme qu’il nous vainquit ; et c’est maintenant par elle qu’il est terrassé. Elle fut entre ses mains une arme contre nous ; elle devient le glaive qui le transperce. Au commencement, la femme pécha, et pour prix de son péché eut la mort en partage ; la martyre meurt, mais elle meurt pour ne pas pécher. Séduite par une promesse mensongère, la femme viola le précepte de Dieu ; pour ne pas enfreindre sa fidélité envers son divin bienfaiteur, la martyre sacrifie plutôt sa vie. Quelle excuse maintenant présentera l’homme pour se faire pardonner la mollesse, quand de simples femmes déploient un si mâle courage ; quand on les a vues, faibles et délicates, triompher de l’infériorité de leur sexe, et, fortifiées par la grâce, remporter de si éclatantes victoires ? »[1].
 
Après le Te Deum que tous les pèlerins chantaient à l’amphithéâtre au jour des martyrs de Carthage, un grand chœur, plein de vie et de foi, termina la cérémonie : 

Sol sanglant, terre de Carthage,
Où s’exerça la fureur des païens
Les saints Martyrs disons le fier langage.
Fils des chrétiens, brisons nos liens.
Soyez, Seigneur, notre partage !

Oui Seigneur soit notre partage ! Que sainte Perpétue et sainte Félicité et leurs compagnons, que tous les glorieux martyrs de Carthage, nous obtiennent la grâce d’une foi intense, profonde et persévérante jusqu’à la consommation définitive du Règne du Christ. Amen.  

P. Silvio Moreno, IVE  

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