LE CULTE DES MORTS ET L’EPIGRAPHIE CHRETIENNE EN TUNISIE

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A la fin de ces pages, nous nous sommes contentés, à la lumière de quelques exemples, de montrer en toute simplicité la beauté et la foi des chrétiens manifestée dans les épitaphes chrétiennes. Si on peut essayer un ordre chronologique, en guise de conclusion, nous devons d’abord accorder la priorité aux marbres qui se rapprochent le plus des tituli païens, par la dimension de la tablette, par la grandeur et le style des lettres. Selon l’épigraphiste Le Blant, les plus anciennes épitaphes chrétiennes ne devaient pas être différentes des païennes. A l’origine du christianisme, il dut y avoir plus d’une épitaphe à forme païenne sur les tombes de fidèles. Nous savons que, malgré les persécutions, il y avait des fidèles parmi les esclaves et les affranchis impérieux. Peut-être que les plus anciennes épitaphes chrétiennes, surtout dans certains cas, ne se distinguaient des païennes que par l’absence du D.M.S.  Diis Manibus Sacrcum, ou par la suppression de l’épithète PIUS qui ne tardera pas à être remplacée par les deux mots IN PACE dans les épitaphes primitives dont le caractère chrétien n’est pas douteux. Mais les schismes et les hérésies ne tardèrent pas à faire introduire dans l’une et l’autre formule, le mot FIDELIS qui marque désormais l’attachement des chrétiens à la vraie foi et à la véritable Eglise de l’unité. Vers la fin du Vème siècle, surtout en Afrique du Nord, s’établie l’usage d’indiquer sur la tombe la déposition avec la mention du mois et du jour où l’inhumation avait eu lieu. Enfin on voit au VIème siècle apparaitre la mention de l’indiction. 

Pendant que s’opère dans les épitaphes chrétiennes de Tunisie ces transformations inspirées sans doute par les diverses phases de persécutions, de trouble ou de paix que traverse l’Eglise d’Afrique, nous pouvons dire d’une façon générale, que la plaque funéraire deviennent de plus en plus grande au point de recouvrir tout l’espace occupé par la tombe. Ce sont alors de grandes dalles, rarement de marbre, le plus souvent de la pierre du pays et l’inscription y est gravée en grands caractères dans le sens de la longueur. Il en est de même des tombes en mosaïque dont, à Carthage par exemple, on ne trouve pas d’exemple chez les païens.

 Enfin, je crois que lire ces épitaphes en les méditant, nous font penser d’une part à la Vie éternelle et à la rencontre avec la divinité à laquelle nous sommes tous destinées, d’autre part à la mort du corps laquelle nous touche sans nous demander aucune permission, mais également elles nous invitent à méditer sur la mort éternelle laquelle il faut certainement éviter.

Quoi qu’il en soit, le plus important pour nous c’est ce qui disait saint Augustin : quand on veut traverser un bras de mer, le plus important n’est pas de rester sur le bord et de scruter ce qu’il y a de l’autre côté, mais de monter sur le bateau qui conduit à l’autre rive. Et pour nous aussi, le plus important n’est pas de spéculer sur comment sera notre vie éternelle, mais de faire les choses qui, nous le savons, conduisent vers elle  (Cf. S. Augustin, La Trinité IV, 15, 30 ; Confessions, VII, 21).

P. SILVIO MORENO

 

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