LES CHRETIENS DE SICCA VENERIA (LE KEF) – étude historique et archéologique

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Introduction

Le but de notre étude est simple : nous concentrer sur la vie chrétienne de cette importante ville romaine Sicca Veneria, en proconsulaire à l’époque romaine, aujourd’hui faisant partie intégrante du beau paysage de l’ouest tunisien.

Dans la première partie de ce travail, nous avons pu reconstituer quelques éléments clés de l’histoire chrétienne du Kef du IIIème au VIIème siècle grâce aux textes conciliaires, aux textes des écrivains latins Arnobe, Lactance, Victor de Vita, ainsi qu’aux lettres du grand évêque saint Augustin. Les vicissitudes chrétiennes de cette ville ainsi que l’activité de ses évêques nous montrent une religiosité surprenante ainsi qu’une sérieuse identité catholique malgré le contexte difficile et fatigant de la querelle donatiste et des persécutions vandales.  

Dans la deuxième partie, cette étude veut présenter de façon succincte les inscriptions épigraphiques chrétiennes et l’analyse des ruines archéologiques à caractère chrétien qui sont visitables encore aujourd’hui au Kef. Sur ces dernières, j’en propose trois : basilique de Saint Pierre ; chapelle « de Crescentius » aux grands thermes et la grande basilique de ksar El Ghoul. Les fouilles archéologiques au XIXème siècle ont produit des résultats de première importance. Outre l’observation de séquences architecturales, des indications précieuses ont été recueillies pour y reconnaître l’importance historique des lieux. Deux autres monuments compléteront cette partie.   

Cette riche histoire chrétienne nous aidera à mieux comprendre les lieux chrétiens que nous pouvons visiter à chaque fois que nous nous rendons au Kef. En effet, lorsque nous visitons des ruines chrétiennes en Tunisie ou ailleurs, une dimension importante intervient : non plus celle du temps, mais celle de l’espace. Nous ne pouvons comprendre ces lieux que si, en même temps, nous écoutons ce que l’histoire et la tradition de l’Eglise africaine ont à nous dire des événements dont ils sont le rappel, le point d’ancrage.

Pour cela ce dossier historique et archéologique ainsi rassemblé ouvre des perspectives diverses : notre connaissance du passé ancien de la ville au cœur de la cité du Kef, des informations essentielles sur les premières interventions épiscopales et des éléments tangibles de réflexion en vue d’un meilleur aménagement promotionnel religieux et touristique de ces lieux.

La préparation de notre texte, a bénéficié de bien des bonnes volontés pour le relire, vérifier l’écriture et apporter des conseils et modifications. Ma gratitude est grande en particulier vers Umberto Pappalardo, archéologue romain, pour ses précieux conseils et surtout pour son inconditionnel soutien, Seriel Bocciarelli, historienne, pour la révision du texte et les corrections, et à Dominique Martinet pour ses connaissances profondes sur le Kef et les voyages de saint Augustin. Enfin, je voudrais aussi remercier les amis de l’Institut National du Patrimoine, spécialement Mohamed Tlili, ancien conservateur du Kef et Moheddine Chaouali, inspecteur général de la région ouest de la Tunisie.      

Ces pages sont l’expression de mes profonds sentiments de respect pour tous les historiens et archéologues tunisiens et étrangers qui ont su retrouver et raconter l’ancienne vie de ce peuple moderne.  

P. Silvio Moreno, ive

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